KONDREE, la biotech montpelliéraine qui veut révolutionner les maladies neuromusculaires rares
- 22 mai
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Encore peu connue du grand public, KONDREE s’impose progressivement comme l’une des jeunes biotech françaises les plus prometteuses dans le domaine des maladies neuromusculaires rares. Fondée en 2021 à Montpellier, cette spin-off issue de la recherche académique française développe une approche thérapeutique innovante mêlant médecine personnalisée, logiciel médical et thérapie antioxydante ciblée. Son objectif : transformer la prise en charge de la dystrophie musculaire facio-scapulo-humérale (FSHD), une maladie génétique rare encore sans traitement curatif.
La FSHD touche environ 870 000 personnes dans le monde, dont près de 52 000 en Europe. Cette pathologie provoque une dégradation progressive des muscles, entraînant perte de force, difficultés motrices et perte d’autonomie. Aujourd’hui, les traitements disponibles restent essentiellement symptomatiques.
KONDREE s’appuie sur plus de vingt ans de recherche menés au sein du laboratoire PHYMEDEXP (INSERM, CNRS, Université de Montpellier) et du CHU de Montpellier. Ces travaux ont permis d’identifier le rôle majeur du stress oxydant dans la progression de la maladie. Chez les patients atteints de FSHD, les mécanismes naturels de protection contre ce stress sont altérés, provoquant une détérioration progressive des cellules musculaires.
À partir de ces découvertes, la société a développé une stratégie thérapeutique individualisée reposant sur des associations de molécules antioxydantes adaptées au profil biologique de chaque patient. Une approche qui rompt avec les traitements standardisés et s’inscrit pleinement dans l’essor de la médecine de précision.
Les résultats obtenus lors d’essais cliniques et d’études de soins courants apparaissent particulièrement encourageants. Certains patients ont montré une amélioration pouvant atteindre 34 % de la force musculaire du quadriceps après plusieurs années de traitement, accompagnée d’une amélioration fonctionnelle des membres supérieurs et parfois d’une reprise de l’activité physique. Ces données ont récemment été publiées dans la revue scientifique Free Radical Biology and Medicine, renforçant la crédibilité scientifique de la technologie développée par KONDREE.
L’originalité de la société réside également dans son modèle hybride. KONDREE ne développe pas seulement des molécules thérapeutiques : l’entreprise construit un véritable continuum médical associant logiciel numérique et futurs médicaments orphelins. Son logiciel médical, actuellement en préparation pour le marquage CE, permettra d’encadrer les traitements personnalisés et de sécuriser leur utilisation clinique.
Parallèlement, la biotech prépare ses futures demandes d’autorisations de mise sur le marché en Europe. Après une première levée de fonds de près de 2,9 millions d’euros, l’entreprise prépare désormais une Série A destinée à accélérer son industrialisation et son déploiement international.
Au-delà de la FSHD, KONDREE ambitionne déjà d’étendre sa plateforme thérapeutique à d’autres maladies neuromusculaires liées au stress oxydatif. Dans un contexte où les maladies rares restent encore largement sous-traitées, la biotech montpelliéraine illustre l’émergence d’une nouvelle génération de healthtech françaises capables de transformer la recherche publique en innovations thérapeutiques concrètes.





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